À la fin des années 1980, l’effondrement soviétique plonge Cuba dans une crise profonde, révélant sa dépendance économique. Les pénuries entraînent des changements sociétaux et politiques, menant à une période de survie appelée « Período Especial ». Depuis, Cuba cherche à se réinventer face à de nouveaux défis tout en préservant son héritage révolutionnaire.
Dans le fragment précédent, j’ai tenté de comprendre comment la révolution cubaine s’était transformée en société. J’ai suivi ses réussites, ses tensions, ses dépendances et ses contradictions. Mais une question demeurait en suspens : que devient un projet politique lorsque le monde qui lui avait permis d’exister disparaît soudainement ? Car à la fin des années 1980, ce n’est pas seulement l’Union soviétique qui s’effondre. C’est tout l’équilibre géopolitique qui avait structuré l’expérience cubaine depuis près de trente ans.
Quand le monde ancien disparaît : L’effondrement soviétique
Lorsque j’aborde Cuba au tournant des années 1990, je ne vois pas seulement une crise économique : je vois une île brusquement privée de l’horizon qui l’avait tenue debout pendant près de deux décennies. Cette disparition me trouble, parce qu’elle rappelle à quel point une société peut bâtir sa stabilité sur un appui extérieur et découvrir, presque du jour au lendemain, la fragilité de ce qui semblait durable. Depuis 1972, le Conseil d’assistance économique mutuelle (COMECON) représentait pour Cuba bien davantage qu’un simple cadre commercial : il était le système nerveux de son intégration au bloc socialiste.
En 1991, tout se défait à une vitesse vertigineuse : le COMECON se dissout, l’URSS disparaît et, avec elle, s’évanouissent les échanges préférentiels qui avaient longtemps protégé l’économie cubaine des règles brutales du marché mondial.
Une dépendance devenue vulnérabilité
Je comprends alors que la crise cubaine ne naît pas seulement d’un événement extérieur, mais d’une dépendance accumulée. À la fin des années 1980, environ 85 % du commerce extérieur de Cuba s’effectuait avec le bloc socialiste. L’île recevait près de 13 millions de tonnes de pétrole soviétique par an, vendait son sucre à des prix largement supérieurs à ceux du marché mondial et obtenait de Moscou les équipements industriels, les pièces, les produits chimiques, les céréales et les carburants dont elle avait besoin. Pendant près de deux décennies, cette architecture économique avait fini par apparaître comme une réalité durable. Sa disparition brutale oblige Cuba à découvrir que ce qu’elle croyait acquis n’était en réalité qu’un équilibre fragile.
Le choc
Entre 1989 et 1993, la chute prend des proportions vertigineuses. Le PIB recule d’environ 34 % à 38 % selon les séries, les importations s’effondrent de 70 % à 75 %, la disponibilité énergétique diminue d’environ la moitié, la production industrielle se contracte fortement et les transports publics frôlent la paralysie. Plus j’avance dans cette période, plus je ressens une forme de vertige moral : comment une société continue-t-elle à tenir quand les structures qui la nourrissaient, la chauffaient, la transportaient et la rassuraient disparaissent presque toutes à la fois? À mes yeux, ce moment marque l’entrée de Cuba dans une solitude historique : l’île ne peut plus compter sur son ancien protecteur et doit réapprendre à fonctionner avec presque rien. Pour la première fois depuis longtemps, elle doit aussi apprendre à imaginer son avenir sans les repères qui avaient structuré son horizon politique et économique.
La Période spéciale
Le régime donne à cette épreuve un nom qui dit à la fois la gravité du moment et la volonté de tenir : « Período Especial en Tiempo de Paz ». Ce concept, d’abord conçu pour une éventuelle guerre, devient, après 1991, une doctrine de survie économique. Je m’arrête sur cette expression parce qu’elle contient déjà toute l’ambiguïté cubaine : nommer la crise, c’est essayer de la maîtriser; la qualifier de « spéciale », c’est aussi tenter de transformer la privation en récit collectif. Cuba n’est pas envahie, mais elle vit pourtant comme si elle devait résister à un siège.
L’énergie, le transport et le quotidien
Dans le quotidien, cette crise se traduit d’abord par l’obscurité. Les coupures d’électricité peuvent durer de 12 à 16 heures par jour dans certaines régions. Des usines ferment partiellement, la climatisation est réduite, l’éclairage public s’éteint. J’essaie d’imaginer ce que cela signifie non pas seulement pour une économie, mais pour une vie ordinaire : attendre la lumière, économiser chaque trajet, organiser ses journées autour du manque. Le déficit de carburant transforme les déplacements : des autobus sont immobilisés et, entre 1990 et 1995, plus d’un million de bicyclettes importées de Chine envahissent les rues. Je vois dans cette image du vélo chinois l’un des symboles les plus concrets de la Période spéciale : une société entière qui avance plus lentement, mais qui continue d’avancer.
La faim, les jardins et la santé
L’alimentation révèle la profondeur de la rupture. Alors qu’en 1989 l’apport calorique moyen se situe entre 2900 et 3100 calories par jour, il tombe à 1800 à 1900 calories par jour en 1993. Les études évoquent une perte de poids moyenne de 5 à 9 kilos. Ces chiffres, à force d’être répétés, risquent de devenir abstraits; pourtant, ils parlent de corps fatigués, de repas réduits, de familles qui calculent autrement la faim. Face à cette contrainte, l’île invente des réponses locales : les organopónicos, les jardins urbains, les pratiques agroécologiques. La diminution des engrais, des pesticides et des carburants oblige Cuba à expérimenter une agriculture de proximité, née moins d’un choix idéologique que d’une nécessité vitale. Derrière ces expérimentations, je vois aussi une société qui découvre que survivre exige parfois d’abandonner certaines certitudes pour inventer de nouvelles réponses.
Un paradoxe sanitaire
Ce qui me frappe pourtant, c’est le paradoxe de la santé. Malgré la crise, Cuba maintient son système universel, sa formation médicale et ses campagnes de vaccination. Mais ce maintien se paie au prix de pénuries de médicaments et de matériel. La continuité institutionnelle existe donc, mais elle repose sur une tension permanente entre l’ambition sociale et la rareté matérielle.
Le Maleconazo et la crise des balseros
Le 5 août 1994, cette pression sociale déborde sur le Malecón de La Havane. Le Maleconazo devient la première manifestation importante depuis plusieurs décennies. Les pénuries, les coupures, les frustrations et les départs empêchés se condensent en un même moment de colère. Ce moment me paraît important parce qu’il brise l’image d’une endurance silencieuse : il rappelle que la dignité ne se mesure pas seulement à la capacité de supporter, mais aussi au moment où l’on ne peut plus le faire. Fidel Castro se rend sur les lieux et la dispersion s’opère rapidement, mais l’événement révèle une faille : la résistance populaire a des limites. Cette journée révèle peut-être autre chose encore : même les récits les plus puissants ne suffisent pas toujours à apaiser les inquiétudes du quotidien.
Dans les semaines qui suivent, la crise des balseros donne à cette détresse une forme maritime. Environ 35 000 Cubains quittent l’île à bord d’embarcations de fortune. Chaque départ me semble porter une question impossible : que faut-il avoir perdu pour confier sa vie à une mer incertaine? Je vois dans ces traversées une autre manière de raconter la Période spéciale : certains survivent en restant, d’autres en partant.
Washington et la gestion de l’exil
Les accords migratoires de 1994-1995 avec Washington visent alors à encadrer cette fuite. La politique dite « wet foot, dry foot », qui sera abolie en 2017, traduit toute l’ambiguïté de la relation cubano-américaine : elle régule les départs sans résoudre les causes profondes qui les provoquent.
Cependant, malgré les départs, les pénuries et le découragement, Cuba ne s’effondre pas. L’île traverse les années 1990 dans un état d’équilibre précaire. Puis, à la fin de la décennie, un événement extérieur vient de nouveau modifier l’horizon : l’arrivée au pouvoir d’Hugo Chávez au Venezuela.
Réinventer l’île : l’espoir d’une respiration
Le facteur Chávez
Lorsque Hugo Chávez est élu en 1998, Cuba trouve progressivement un nouveau partenaire stratégique. L’alliance avec le Venezuela ne reconstitue pas exactement le monde soviétique disparu, mais elle offre à l’île une respiration. Je perçois cette relation comme une seconde chance géopolitique, mais aussi comme un rappel inconfortable : après avoir survécu à une dépendance, Cuba semble devoir en accepter une autre. Cette continuité me laisse partagé entre l’admiration pour la capacité d’adaptation de l’île et le malaise face à la répétition de sa vulnérabilité. Comme si l’île découvrait que survivre à une tutelle ne signifiait pas encore apprendre à s’en affranchir.
Le pétrole contre les services
L’accord repose sur un échange devenu emblématique : le Venezuela fournit jusqu’à 90 000 à 100 000 barils de pétrole par jour, tandis que Cuba envoie médecins, enseignants, techniciens et conseillers. À travers cette formule, l’île transforme son capital humain en ressource diplomatique. Elle n’exporte pas seulement des services ; elle exporte aussi une image d’efficacité sociale et de solidarité internationale.
L’ALBA comme récit régional
La création de l’ALBA en 2004 prolonge cette logique. L’Alliance bolivarienne pour les peuples de notre Amérique réunit notamment le Venezuela, Cuba, la Bolivie et le Nicaragua. Elle se présente comme une réponse politique à l’hégémonie américaine et au modèle néolibéral. J’y vois une tentative de replacer Cuba dans un espace régional où l’île n’est plus seulement survivante, mais aussi actrice. Pourtant, je ne peux m’empêcher de lire cette réinvention comme une forme de quête de reconnaissance : Cuba cherche des alliés, mais cherche aussi à prouver qu’elle n’a pas simplement résisté pour rester seule.
La diplomatie médicale
La diplomatie médicale devient alors l’un des principaux instruments de projection de Cuba. Depuis 1960, plus de 600 000 professionnels cubains auraient servi dans plus de 160 pays. Dans la période qui m’intéresse ici, le Venezuela, Haïti, plusieurs pays d’Afrique et d’Amérique latine deviennent des terrains privilégiés de cette présence.
L’opération Milagro
L’opération Milagro, lancée en 2004, illustre parfaitement cette stratégie. En offrant des chirurgies ophtalmologiques gratuites à des millions de bénéficiaires selon les autorités cubaines, Cuba convertit la médecine en langage politique. Je comprends alors que la puissance cubaine ne repose pas seulement sur des armes ou des ressources naturelles, mais aussi sur la capacité à faire de la santé un outil d’influence.
Cette capacité à transformer son capital humain en une ressource diplomatique offre à Cuba une nouvelle marge de manœuvre. Elle ne résout pas les difficultés structurelles de l’île, mais elle contribue à stabiliser un pays qui entre progressivement dans une nouvelle étape de son histoire.
Les réformes de Raúl Castro
À partir de 2006, lorsque Raúl Castro prend effectivement les rênes du pouvoir, puis en 2008 lorsqu’il devient officiellement président, une autre forme de transition s’ouvre. Elle n’est pas une rupture révolutionnaire, mais une adaptation prudente. Ce qui me frappe ici, c’est la lenteur presque retenue du changement. Comme si chaque réforme devait avancer sans donner l’impression de céder, comme si le pays devait se transformer tout en se surveillant lui-même. Je la lis comme une tentative de desserrer l’étau sans abandonner le cadre politique fondamental. À travers ces ajustements prudents, j’entrevois un pays qui cherche moins à rompre avec son histoire qu’à apprendre à vivre autrement avec elle.
Économie, agriculture et propriété
Le travail autonome, ou cuentapropismo, est progressivement autorisé dans certains secteurs : restaurants privés, chambres à louer, services divers. En agriculture, le décret-loi 259 de 2008 autorise la distribution de terres en usufruit afin d’accroître la production alimentaire. Puis, à partir de 2011, la vente et l’achat de logements deviennent possibles, tout comme une circulation accrue des véhicules. Ces changements demeurent encadrés, mais ils témoignent d’une reconnaissance pragmatique : l’État ne peut plus tout porter seul.
Internet et l’ouverture symbolique
L’accès à Internet évolue lentement, mais cette lenteur n’en diminue pas l’importance symbolique. En 2000, l’accès demeure très limité. En 2013, des salles publiques s’ouvrent progressivement, puis des points Wi-Fi apparaissent en 2015. Avec eux émergent des blogueurs, des médias numériques et de nouvelles formes de critique. Pour moi, cette ouverture ne se mesure pas seulement en débit ou en connexions : elle transforme la manière dont les Cubains peuvent se voir, se parler et se raconter. Elle introduit surtout une possibilité à la fois intime et politique : celle de ne plus dépendre uniquement du récit officiel pour comprendre sa propre vie. Pour une société longtemps habituée à se penser à travers un récit collectif puissant, cette multiplication des voix constitue déjà une transformation profonde.
Obama et l’espoir d’un dégel
En décembre 2014, l’annonce du rétablissement des relations diplomatiques avec les États-Unis ouvre une parenthèse d’espoir. En 2015, les ambassades rouvrent. En 2016, Barack Obama se rend à La Havane, pour la première visite d’un président américain en exercice depuis 1928. Je vois dans cette scène un moment presque suspendu : pendant quelques mois, l’histoire semble accepter de changer de ton. Ce qui me touche dans cet épisode, c’est précisément sa fragilité : il donne l’impression que l’avenir peut s’entrouvrir, tout en laissant percevoir qu’une porte entrouverte peut aussi se refermer. Pendant un bref instant, Cuba semble entrevoir un avenir moins défini par la résistance que par l’ouverture.
Les attentes populaires
Cette période fait monter les attentes. Le tourisme augmente, les contacts avec la diaspora se multiplient et l’idée d’une ouverture paraît moins abstraite. Pourtant, je sens aussi que l’espoir reste fragile. Cuba se réinvente, mais sans cesser d’être prisonnière de ses anciennes contraintes : dépendance extérieure, centralisation politique, lenteur économique et incertitude sociale.
Après Fidel : héritage, transition et question ouverte
Alors que les attentes populaires augmentent et que l’horizon semble momentanément s’élargir, une autre transition se prépare en silence : celle du pouvoir lui-même.
Le retrait de Fidel
Lorsque Fidel Castro délègue provisoirement le pouvoir en 2006, puis se retire officiellement en 2008, Cuba entre dans une transition longtemps inimaginable. Le pays doit apprendre à vivre sans la présence quotidienne de celui qui avait incarné la Révolution pendant près d’un demi-siècle. Je comprends ce retrait comme un moment de désincarnation politique : l’État demeure, le Parti demeure, mais la figure fondatrice s’éloigne. Et je me demande alors ce qu’il reste d’un récit politique lorsque le visage qui l’a porté cesse peu à peu d’occuper la scène.
La mort et la mémoire
Le 25 novembre 2016, Fidel meurt à l’âge de 90 ans. Ses funérailles prennent la forme d’une caravane de La Havane à Santiago, suivant, en sens inverse, le parcours de 1959. Le symbole est puissant : l’histoire retourne sur ses pas, comme si la Révolution refermait elle-même son premier cycle. Devant cette mise en scène du retour, je ressens toute l’ambivalence de la mémoire cubaine : elle honore, elle rassemble, mais elle risque aussi d’enfermer le présent dans la répétition du passé.
Refuser le culte monumental
La décision de Raúl Castro de refuser des statues monumentales, des noms de rues majeurs et des monuments géants consacrés à Fidel me semble particulièrement révélatrice. La loi adoptée en 2017 traduit une volonté à la fois de contrôler la mémoire et de limiter le culte de la personnalité. Ce choix est discret, mais historiquement important : il affirme que Fidel doit rester dans l’histoire sans envahir l’espace public comme une idole de pierre.
Díaz-Canel et la génération d’après
En 2018, Miguel Díaz-Canel devient président. Né en 1960, il est le premier dirigeant cubain né après la Révolution. Ce détail biographique a une portée symbolique immense. Pour la première fois, le pouvoir suprême n’est plus détenu par un membre de la génération fondatrice. Je vois là une transition générationnelle, même si elle ne signifie pas nécessairement une transition politique complète. Ce décalage me semble essentiel : changer de génération ne suffit pas toujours à changer d’imaginaire. Mais il devient de plus en plus difficile de transmettre intact un imaginaire forgé dans des circonstances que les nouvelles générations n’ont pas connues.
La Constitution de 2019
La Constitution de 2019 confirme cette tension entre continuité et adaptation. Elle maintient le socialisme et le rôle dirigeant du Parti communiste, mais crée également le poste de Premier ministre et reconnaît davantage la propriété privée ainsi que les investissements étrangers. Je lis ce texte comme une tentative d’inscrire dans le droit ce que la pratique avait déjà commencé à imposer : Cuba change, mais elle change sans vouloir se renier.
Une société vieillissante
À la veille de la pandémie, la population cubaine compte environ 11,2 millions d’habitants. Mais derrière ce chiffre se cachent des défis lourds : vieillissement rapide, faible natalité, émigration persistante. Pour moi, ces données rappellent que la question cubaine n’est pas seulement idéologique ou diplomatique; elle est aussi démographique, intime, presque familiale. Une révolution peut survivre aux crises, mais elle doit encore convaincre les générations futures de rester, de croire, ou au moins de ne pas partir avec le sentiment que l’avenir se trouve nécessairement ailleurs. À mesure que s’éloignent la révolution, la guerre froide et la génération fondatrice, Cuba semble entrer dans une époque où la continuité ne peut plus reposer uniquement sur la mémoire.
La question qui demeure
À la fin des années 2010, Cuba a survécu à l’embargo, à la crise des missiles, à la disparition de l’URSS, à la Période spéciale et à la disparition de Fidel. Cette capacité de survie suscite chez moi une admiration réelle, mais jamais simple. Car survivre n’est pas forcément se libérer, et durer n’est pas toujours répondre aux attentes de ceux qui vivent cette durée. Les problèmes demeurent : dépendance extérieure, faible productivité, pression migratoire et nécessité d’un nouveau récit collectif.
En refermant ce parcours, je retiens l’image d’une île qui a sans cesse transformé la contrainte en stratégie, la vulnérabilité en capacité d’adaptation et la solitude en récit de résistance. Mais je retiens aussi une impression plus troublante : celle d’un pays qui, après avoir survécu à la disparition de son principal allié, puis à celle de son principal dirigeant, se retrouve désormais face à une question nouvelle. Non plus comment résister, mais comment se réinventer.
À la veille des années 2020, Cuba a traversé les grandes tempêtes du XXe siècle. Elle entre maintenant dans un monde différent, où les anciens repères s’effacent, où les équilibres géopolitiques se déplacent et où les générations qui n’ont connu ni la révolution ni la guerre froide deviennent progressivement majoritaires.
L’histoire qui commence alors n’est plus tout à fait celle de Fidel Castro, ni même celle de la période spéciale. C’est celle d’une île qui doit apprendre à imaginer son avenir sans pouvoir s’appuyer entièrement sur les récits qui l’ont portée jusque-là.


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